Il nous arrive parfois de vouloir aider quelqu’un… puis de nous sentir épuisés parce qu’il ne change pas.
De nous sentir incompris… puis de reprocher aux autres de ne pas faire ce que nous attendions.
Ou encore de penser agir pour le bien d’une personne… alors que nous avons progressivement commencé à décider à sa place.
Victime. Sauveur. Persécuteur.
Trois positions relationnelles dans lesquelles nous pouvons tous entrer.
Et parfois passer de l’une à l’autre sans même nous en rendre compte.
Le Triangle de Karpman, qu’est-ce que c’est ?
Le Triangle dramatique de Karpman est un modèle issu de l’analyse transactionnelle.
Il décrit certaines dynamiques relationnelles dans lesquelles trois positions peuvent apparaître :
la Victime,
le Sauveur,
le Persécuteur.
Ces termes peuvent sembler très tranchés.
Mais ils ne désignent pas trois catégories de personnes.
Nous ne sommes pas « une Victime », « un Sauveur » ou « un Persécuteur » de manière définitive.
Il s’agit plutôt de positions que nous pouvons adopter dans certaines relations ou certaines situations.
Et c’est probablement l’un des aspects les plus intéressants du modèle :
nous pouvons changer de position très rapidement.
La Victime : « Je ne peux rien faire »
Dans le triangle, la position de Victime est généralement associée au sentiment d’impuissance.
La personne peut penser :
« Je n’ai pas le choix. »
« Personne ne m’aide. »
« Ça tombe toujours sur moi. »
« Je ne peux rien y changer. »
Elle peut réellement traverser une situation difficile.
Mais progressivement, elle peut perdre de vue ce sur quoi elle possède encore une possibilité d’action.
Elle attend alors parfois que quelqu’un vienne résoudre le problème à sa place.
C’est ici que le Sauveur peut entrer dans la relation.
Être victime d’une situation n’est pas « jouer la Victime »
Cette nuance est essentielle.
Une personne victime d’une violence, d’une agression, d’un abus, d’une discrimination ou d’une situation sur laquelle elle n’a réellement aucun contrôle n’est pas responsable de ce qu’elle subit.
Le Triangle de Karpman ne doit jamais être utilisé pour nier cette réalité ou culpabiliser quelqu’un.
La position de Victime décrite par le modèle concerne plutôt une dynamique relationnelle dans laquelle la personne finit par considérer qu’elle ne dispose plus d’aucune ressource ou capacité d’action, même lorsqu’une marge de choix existe encore.
Le mot peut donc être trompeur.
Ce qui nous intéresse ici est moins l’étiquette que cette question :
« Dans cette situation, est-ce que je vois encore ce sur quoi je peux agir ? »
Le Sauveur : « Je vais régler cela pour toi »
Le Sauveur est probablement le rôle le plus difficile à reconnaître.
Parce qu’il commence souvent par quelque chose de très positif :
vouloir aider.
Nous voyons quelqu’un souffrir.
Nous voulons trouver une solution.
Nous conseillons.
Nous intervenons.
Nous faisons à sa place.
Nous anticipons ses besoins.
Et parfois…
nous continuons alors même que la personne ne nous a rien demandé.
Le problème n’est donc pas d’aider.
Le problème commence lorsque l’aide empêche progressivement l’autre de rester acteur de sa propre vie.
Aider ou sauver ?
Il existe une différence importante entre les deux.
Aider peut signifier :
« Je suis disponible si tu as besoin de moi. »
Sauver peut devenir :
« Je sais ce dont tu as besoin et je vais le faire pour toi. »
Aider respecte la capacité de l’autre.
Sauver peut, sans le vouloir, renforcer l’idée qu’il ne peut pas s’en sortir seul.
Le Sauveur peut alors devenir indispensable.
Et ce rôle peut être extrêmement gratifiant.
Parce qu’être nécessaire donne parfois un sentiment de valeur.
« Sans moi, que ferait-il ? »
Cette phrase mérite souvent d’être interrogée.
Lorsque le Sauveur s’épuise
Le Sauveur donne.
Encore.
Puis encore.
Il écoute.
Il conseille.
Il règle des problèmes.
Il prend sur lui.
Mais quelque chose peut progressivement apparaître :
une attente.
Parfois silencieuse.
Être reconnu.
Être remercié.
Être écouté en retour.
Voir l’autre changer grâce à nous.
Et si cela ne se produit pas, le Sauveur peut commencer à ressentir de la frustration.
« Après tout ce que j’ai fait pour toi… »
À cet instant, il peut quitter le rôle de Sauveur et entrer dans celui du Persécuteur.
Le Persécuteur : « C’est de ta faute »
Le Persécuteur critique.
Accuse.
Juge.
Contrôle.
Il peut dire :
« Tu fais toujours n’importe quoi. »
« Je te l’avais bien dit. »
« Si tu m’avais écouté, tu n’en serais pas là. »
« Tout cela est de ta faute. »
Le Persécuteur se place souvent dans une position de supériorité.
Il sait.
L’autre ne sait pas.
Il a raison.
L’autre a tort.
Mais derrière cette posture peuvent parfois exister d’autres émotions.
De la peur.
De l’impuissance.
De la colère.
Une difficulté à poser une limite autrement.
Ou le sentiment d’avoir trop donné.
Nous pouvons être les trois dans la même conversation
C’est probablement ce qui rend le triangle si intéressant.
Prenons un exemple.
Une personne proche nous raconte pour la dixième fois le même problème.
Nous commençons par dire :
« Laisse-moi t’aider, voilà exactement ce que tu devrais faire. »
Nous sommes dans le Sauveur.
La personne ne suit pas notre conseil.
Quelques jours plus tard, elle revient avec le même problème.
Nous pensons :
« Elle ne m’écoute jamais. Pourtant je fais tout pour elle. »
Nous glissons vers la Victime.
Puis nous finissons par dire :
« Tu ne veux pas t’en sortir. Arrête de venir te plaindre si tu refuses de faire ce qu’on te dit. »
Nous voilà Persécuteur.
Trois positions.
Une seule relation.
Parfois en quelques minutes.
Pourquoi entrons-nous dans ce triangle ?
Probablement parce que chacun de ces rôles répond, au moins temporairement, à un besoin.
La Victime peut obtenir de l’aide, de l’attention ou éviter une décision qu’elle redoute.
Le Sauveur peut se sentir utile, indispensable ou valorisé.
Le Persécuteur peut retrouver une sensation de contrôle ou éviter de montrer sa vulnérabilité.
Cela ne signifie pas que tout cela soit conscient.
La plupart du temps, nous ne nous disons pas :
« Aujourd’hui, je vais jouer au Sauveur. »
Nous reproduisons simplement une manière de fonctionner que nous avons peut-être apprise depuis longtemps.
Les rôles que nous avons appris dans notre famille
Certaines dynamiques peuvent commencer très tôt.
Un enfant peut apprendre qu’il doit prendre soin de tout le monde.
Un autre qu’il vaut mieux se montrer fragile pour recevoir de l’attention.
Un autre encore qu’il faut être dur pour ne pas être dominé.
Ces rôles peuvent progressivement devenir familiers.
Et ce qui est familier peut parfois nous sembler normal.
Même lorsque cela nous fait souffrir.
Plus tard, nous pouvons reproduire ces dynamiques dans le couple.
Avec nos enfants.
Dans notre travail.
Avec nos amis.
Ou même dans une relation d’accompagnement.
Le Sauveur dans les métiers d’accompagnement
C’est un point qui me paraît particulièrement important.
Lorsqu’une personne accompagne les autres (thérapeute, praticien, coach, soignant, aidant ou simplement proche très disponible) la frontière entre accompagner et sauver peut parfois devenir subtile.
Nous pouvons sincèrement vouloir le bien de quelqu’un.
Mais si nous commençons à penser :
« Je sais mieux que lui ce dont il a besoin. »
ou :
« Il ne peut pas avancer sans moi. »
quelque chose a changé.
L’accompagnement risque alors de devenir une relation de dépendance.
Or accompagner quelqu’un ne devrait pas consister à prendre le volant de sa vie.
Être un GPS, pas le conducteur
J’aime utiliser cette image.
Un GPS peut proposer une direction.
Afficher plusieurs chemins.
Signaler un obstacle.
Permettre de recalculer un itinéraire.
Mais il ne tient pas le volant.
La personne peut suivre sa proposition.
Ou prendre une autre route.
Dans une relation d’accompagnement, cette différence est essentielle.
Nous pouvons proposer.
Partager un ressenti.
Poser une question.
Transmettre un outil.
Mais la personne reste responsable de ses choix.
Sinon, le Sauveur n’est jamais très loin.
Le triangle dans le couple
Le Triangle de Karpman apparaît facilement dans les relations affectives.
L’un peut se sentir constamment responsable du bien-être de l’autre.
Il organise.
Anticipe.
Répare.
Puis finit par se sentir épuisé.
« Je fais tout dans cette relation. »
L’autre peut alors se sentir critiqué :
« Quoi que je fasse, ce n’est jamais assez bien. »
Puis réagir :
« Puisque tu sais tout mieux que moi, fais-le toi-même. »
Les positions tournent.
Et chacun finit par confirmer sa propre impression.
Le Sauveur se dit qu’il doit vraiment tout faire.
La Victime se sent encore plus incapable.
Le Persécuteur pense que l’autre ne comprend vraiment rien.
Le triangle s’autoalimente.
Et au travail ?
Le même mécanisme peut apparaître.
Un collègue accepte toujours de reprendre les dossiers des autres.
Il ne sait pas dire non.
Au début, il se sent utile.
Puis il s’épuise.
Il commence à penser :
« Ici, personne ne fait correctement son travail sauf moi. »
Il peut alors devenir critique.
Les autres, de leur côté, se sentent attaqués.
Et celui qui voulait simplement aider finit par devenir celui que tout le monde trouve agressif.
Encore une fois, le problème n’était pas l’aide.
C’était l’absence de limite.
Le triangle fonctionne parce que chacun entretient le jeu
C’est peut-être la partie la moins confortable à regarder.
Nous voyons facilement ce que l’autre fait.
Beaucoup moins ce que nous faisons nous-mêmes.
« Il profite de moi. »
Peut-être.
Mais est-ce que je continue à dire oui alors que je voudrais dire non ?
« Elle ne prend jamais ses responsabilités. »
Peut-être.
Mais est-ce que je continue à résoudre tous ses problèmes à sa place ?
« On me critique tout le temps. »
Peut-être.
Mais est-ce que je reste dans cette conversation sans poser de limite claire ?
Reconnaître notre participation à une dynamique ne signifie pas nous rendre responsables du comportement des autres.
Cela signifie simplement retrouver la partie du mécanisme sur laquelle nous pouvons agir.
Sortir du rôle de Victime : retrouver sa capacité d’action
La sortie ne consiste pas à nier la difficulté.
Elle consiste à chercher ce qui reste possible.
Au lieu de :
« Je ne peux rien faire. »
nous pouvons demander :
« Qu’est-ce qui dépend de moi dans cette situation ? »
Parfois très peu.
Mais rarement absolument rien.
Nous pouvons demander de l’aide.
Poser une limite.
Quitter une situation.
Exprimer un besoin.
Chercher une information.
Prendre une décision.
Ou simplement reconnaître que nous ne sommes pas encore prêts à agir.
Retrouver sa capacité d’action ne signifie pas tout contrôler.
Cela signifie reprendre la responsabilité de la partie qui nous appartient.
Sortir du rôle de Sauveur : aider sans prendre en charge
C’est parfois beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.
Parce que cela suppose d’accepter de voir l’autre faire ses propres choix.
Même lorsqu’ils ne sont pas ceux que nous aurions faits.
Nous pouvons demander :
« Est-ce que tu souhaites simplement que je t’écoute ou est-ce que tu veux mon avis ? »
Cette question change énormément de choses.
Nous pouvons également nous demander :
« Est-ce que cette personne m’a réellement demandé de l’aide ? »
« Est-ce que je l’aide ou est-ce que je fais à sa place ? »
« Qu’est-ce qui se passerait si je ne résolvais pas ce problème pour elle ? »
Parfois, ne pas intervenir est une forme de respect.
Sortir du rôle de Persécuteur : poser une limite sans humilier
Nous pouvons être en désaccord.
Dire non.
Refuser un comportement.
Quitter une conversation.
Poser une conséquence.
Sans dévaloriser l’autre.
Il existe une grande différence entre :
« Tu es irresponsable. »
et
« Je ne prendrai plus ce dossier en charge à ta place. »
Entre :
« Tu ne changeras jamais. »
et
« Je ne souhaite plus continuer cette relation dans ces conditions. »
La première formulation attaque la personne.
La seconde définit notre limite.
Une limite n’a pas besoin d’un coupable pour exister.
Remplacer les rôles par des positions plus saines
Certains prolongements du modèle proposent de remplacer les trois rôles par des attitudes plus constructives.
La Victime peut devenir acteur de sa situation.
Le Sauveur peut devenir soutien ou accompagnant.
Le Persécuteur peut devenir capable de poser des limites et d’exprimer clairement ses besoins.
Le changement semble parfois subtil.
Mais il transforme complètement la relation.
Nous passons de :
« Je dois te sauver. »
à :
« Je peux t’aider si tu le souhaites. »
De :
« Tu dois résoudre mon problème. »
à :
« J’ai besoin d’aide, mais je reste responsable de mes décisions. »
Et de :
« Tu es le problème. »
à :
« Ce comportement ne me convient pas. »
Demander plutôt que supposer
Une grande partie du triangle repose sur des suppositions.
Le Sauveur suppose ce dont l’autre a besoin.
La Victime suppose qu’elle ne peut pas agir.
Le Persécuteur suppose que l’autre agit volontairement contre lui.
Peut-être pouvons-nous simplement commencer par demander.
« De quoi as-tu besoin ? »
« Veux-tu mon avis ? »
« Qu’attends-tu de moi ? »
« Est-ce que je suis capable de te donner cela ? »
« Qu’est-ce que tu comptes faire de ton côté ? »
Ces questions remettent chacun à sa place.
Et parfois, elles évitent beaucoup de conflits.
Apprendre à dire non
Il est difficile de sortir du Triangle de Karpman sans parler du non.
Parce que le Sauveur dit souvent oui lorsqu’il voudrait dire non.
Puis il reproche à l’autre d’avoir accepté son aide.
Un non clair peut parfois être beaucoup plus sain qu’un oui accompagné de ressentiment.
Dire :
« Je comprends que tu sois en difficulté, mais je ne peux pas prendre cela en charge. »
n’est pas abandonner quelqu’un.
C’est reconnaître une limite.
Et une relation qui ne supporte aucune limite mérite peut-être justement d’être interrogée.
Nous ne pouvons pas faire évoluer quelqu’un à sa place
C’est probablement l’une des réalités les plus difficiles à accepter.
Nous pouvons aimer quelqu’un.
Voir très clairement ce qui lui fait du mal.
Connaître une solution qui nous paraît évidente.
Et pourtant…
la personne peut ne pas être prête.
Ou ne pas vouloir changer.
Ou choisir quelque chose de complètement différent.
Nous pouvons exprimer notre inquiétude.
Proposer notre présence.
Mais nous ne pouvons pas accomplir son chemin à sa place.
À force d’essayer, nous risquons seulement de perdre notre propre équilibre.
Et si nous observions d’abord notre rôle préféré ?
Nous avons souvent une porte d’entrée privilégiée dans le triangle.
Certains sauvent immédiatement.
D’autres se sentent rapidement impuissants.
D’autres encore deviennent critiques dès qu’ils se sentent menacés.
Nous pouvons nous demander :
Lorsque je suis sous stress, quel rôle apparaît le plus facilement chez moi ?
Puis :
Vers quel autre rôle est-ce que je bascule ensuite ?
Cette observation peut être très éclairante.
Non pour nous coller une nouvelle étiquette.
Mais pour reconnaître plus rapidement le mécanisme lorsqu’il recommence.
Un modèle, pas une vérité sur toutes les relations
Le Triangle de Karpman est un outil de compréhension.
Il peut nous aider à repérer certaines dynamiques.
Mais comme tous les modèles psychologiques, il simplifie une réalité beaucoup plus complexe.
Toutes les disputes ne sont pas un Triangle de Karpman.
Toutes les personnes qui demandent de l’aide ne sont pas dans une position de Victime.
Toutes les personnes généreuses ne sont pas des Sauveurs.
Et quelqu’un qui pose fermement une limite n’est pas nécessairement un Persécuteur.
L’intérêt du modèle n’est pas de diagnostiquer les autres.
Il est surtout de nous poser cette question :
« Qu’est-ce que je suis en train de faire dans cette relation ? »
Sortir du triangle, c’est revenir à sa place
Peut-être que tout se résume finalement à cela.
Ne pas porter ce qui appartient aux autres.
Ne pas leur abandonner ce qui nous appartient.
Nous pouvons soutenir quelqu’un sans vivre sa vie à sa place.
Nous pouvons demander de l’aide sans remettre toute notre responsabilité entre les mains de l’autre.
Nous pouvons poser une limite sans écraser celui qui se trouve en face de nous.
Et nous pouvons parfois reconnaître :
« Je suis en train d’entrer dans un jeu relationnel qui ne me fait du bien ni à moi ni à l’autre. »
Puis faire quelque chose de différent.
La responsabilité n’est pas la culpabilité
Sortir du Triangle de Karpman ne signifie pas chercher qui est responsable de tout ce qui s’est passé.
Il ne s’agit pas de dire :
« Si tu souffres, c’est parce que tu as choisi d’être Victime. »
ou
« Si quelqu’un profite de toi, c’est parce que tu as voulu le sauver. »
Ce serait une nouvelle forme de jugement.
La responsabilité dont il est question ici est beaucoup plus simple.
Elle consiste à regarder :
ce qui m’appartient,
ce qui appartient à l’autre,
et ce que je peux choisir maintenant.
C’est souvent à cet endroit que quelque chose commence à changer.
Ne plus sauver, ne plus subir, ne plus combattre
Nous n’avons probablement pas besoin de devenir parfaitement autonomes.
Nous avons besoin les uns des autres.
Nous avons le droit de demander de l’aide.
D’en offrir.
D’être fragiles.
De nous tromper.
De nous mettre en colère.
Le problème n’est pas l’existence de ces mouvements.
C’est lorsque nous nous enfermons dans des rôles qui finissent par nous empêcher de nous rencontrer réellement.
Alors peut-être que sortir du Triangle de Karpman ne consiste pas à déterminer lequel des trois est le coupable.
Cela consiste plutôt à :
Cesser de jouer le rôle qui entretient la relation telle qu’elle fonctionne, pour retrouver une place où chacun peut redevenir responsable de sa propre part.


