Être soi : qu’est-ce que cela signifie réellement ?

« Sois toi-même. »

La phrase semble simple.

Presque évidente.

Et pourtant, lorsqu’on essaie réellement de répondre à cette question :

“qui suis-je lorsque je cesse de vouloir correspondre à ce que l’on attend de moi ?”

les choses deviennent beaucoup moins simples.

Car être soi ne consiste peut-être pas à découvrir une identité cachée quelque part au fond de nous.

Peut-être s’agit-il plutôt d’apprendre, progressivement, à reconnaître ce qui nous ressemble vraiment.

Sommes-nous vraiment une seule personne ?

Nous avons parfois l’impression qu’il devrait exister un « vrai moi ».

Une version authentique de nous-mêmes, cachée derrière les habitudes, les rôles sociaux et les attentes des autres.

Mais sommes-nous réellement aussi simples ?

Nous ne sommes pas exactement la même personne avec nos parents, nos amis, nos enfants, notre conjoint ou nos collègues.

Nous pouvons être très à l’aise dans un environnement et beaucoup plus réservé dans un autre.

Fort dans certaines situations.

Fragile dans d’autres.

Sociable un jour.

Silencieux le lendemain.

Cela signifie-t-il que nous jouons constamment un rôle ?

Pas nécessairement.

Peut-être possédons-nous simplement plusieurs facettes.

Et être soi ne consiste pas forcément à n’en conserver qu’une seule.

Nous apprenons très tôt à nous adapter

Dès l’enfance, nous observons ce qui se passe autour de nous.

Nous apprenons ce qui fait plaisir.

Ce qui provoque une réaction.

Ce qui est valorisé.

Ce qui dérange.

Nous découvrons parfois qu’être calme est apprécié.

Ou au contraire qu’il faut être fort.

Réussir.

Ne pas pleurer.

Être serviable.

Ne pas faire de vagues.

Faire rire les autres.

Prendre soin de tout le monde.

Ces adaptations ne sont pas forcément mauvaises.

Elles nous permettent de trouver notre place dans un environnement.

Mais certaines peuvent progressivement devenir si familières que nous ne savons plus très bien si elles nous correspondent encore.

« Je suis comme ça »

Nous utilisons souvent cette phrase.

« Je suis comme ça. »

Elle peut exprimer une bonne connaissance de soi.

Mais elle peut également devenir une manière de nous enfermer.

« Je suis timide. »

« Je suis quelqu’un qui ne sait pas dire non. »

« Je suis trop sensible. »

« Je ne suis pas fait pour ça. »

« Je suis quelqu’un de raisonnable. »

« Je dois toujours être fort. »

À force de répéter certaines définitions, nous pouvons finir par les considérer comme des vérités immuables.

Pourtant, une partie de ce que nous appelons notre personnalité peut aussi être constituée d’habitudes, d’expériences, de protections ou de rôles appris.

Nous pouvons donc nous demander :

Est-ce vraiment qui je suis…

ou est-ce une manière de fonctionner que j’ai apprise ?

Être soi ne signifie pas faire tout ce que l’on veut

L’authenticité est parfois confondue avec l’absence de filtre.

« Moi, je dis ce que je pense. »

« Je suis comme ça, les autres doivent m’accepter. »

« Si je dois me contrôler, je ne suis plus moi-même. »

Mais être soi ne nous dispense pas de vivre avec les autres.

Nous pouvons être authentiques et respectueux.

Exprimer une colère sans humilier.

Dire non sans agresser.

Avoir une opinion sans imposer aux autres de la partager.

Reconnaître un désir sans être obligé de le satisfaire immédiatement.

L’authenticité n’est pas l’absence de responsabilité.

Elle suppose peut-être au contraire de pouvoir reconnaître ce que nous ressentons

sans demander au monde entier de s’y adapter.

Qui serions-nous sans le regard des autres ?

C’est une question difficile.

Parce que le regard des autres participe naturellement à notre construction.

Nous avons besoin d’être reconnus.

Aimés.

Acceptés.

Nous appartenons à des familles, des groupes, des communautés.

Nous ne pouvons pas vivre totalement indépendamment de ce que les autres pensent de nous.

Mais parfois, ce regard prend énormément de place.

Nous choisissons une tenue en imaginant ce que l’on va penser.

Un métier pour rassurer notre entourage.

Une manière de vivre parce qu’elle semble plus acceptable.

Nous taisons une envie.

Nous retenons une parole.

Nous reportons un projet.

Et une question peut progressivement apparaître :

Si personne ne pouvait me juger,

est-ce que je ferais exactement les mêmes choix ?

La réponse peut être inconfortable.

Mais elle peut aussi être profondément éclairante.

Le besoin d’être aimé

Nous pouvons parfois nous éloigner de nous-mêmes non par faiblesse, mais parce que nous voulons préserver un lien.

Nous apprenons à nous adapter à quelqu’un.

À éviter certains sujets.

À accepter certaines choses.

À devenir celui ou celle dont l’autre semble avoir besoin.

Au début, cela peut sembler être simplement de l’amour.

Mais lorsque l’adaptation devient permanente, une fatigue peut apparaître.

Parce que maintenir une version de soi qui ne nous ressemble plus demande énormément d’énergie.

Alors peut surgir cette sensation :

« Je ne sais plus qui je suis dans cette relation. »

Peut-être que la question n’est pas toujours de savoir si nous aimons l’autre.

Mais si nous avons encore suffisamment de place pour exister à côté de lui.

Les rôles que nous jouons peuvent nous protéger

Il serait facile de considérer tous nos rôles comme quelque chose dont il faudrait se débarrasser.

Ce serait probablement injuste.

Certaines adaptations nous ont aidés.

Être fort nous a peut-être permis de traverser une période difficile.

Être discret nous a protégé dans un environnement où nous ne nous sentions pas en sécurité.

Prendre soin des autres nous a donné une place.

Contrôler nous a rassuré lorsque notre environnement était imprévisible.

Ces comportements ont souvent eu une fonction.

Nous pouvons donc les regarder sans les condamner.

Et simplement nous demander :

Ai-je encore besoin de fonctionner ainsi aujourd’hui ?

Une protection utile à un moment de notre vie peut devenir une limitation lorsqu’elle continue à fonctionner alors que le contexte a changé.

Être soi demande parfois de décevoir

C’est probablement l’une des parties les plus difficiles.

Lorsque nous changeons, notre entourage ne change pas forcément au même rythme.

La personne qui disait toujours oui commence à dire non.

Celle qui était disponible pour tout le monde prend du temps pour elle.

Celui qui suivait le chemin familial choisit une autre direction.

La personne silencieuse commence à exprimer ce qu’elle ressent.

Et les autres peuvent être surpris.

Parfois contrariés.

« Tu as changé. »

La phrase est souvent vécue comme un reproche.

Pourtant…

heureusement que nous changeons.

Être fidèle à soi-même ne signifie pas rester toute sa vie exactement la personne que les autres ont connue.

Peut-on changer sans se trahir ?

Nous parlons parfois de changement comme si nous devions choisir entre deux possibilités :

rester nous-mêmes,

ou devenir quelqu’un d’autre.

Mais nous sommes en mouvement toute notre vie.

Nos expériences nous transforment.

Nos priorités évoluent.

Certaines croyances disparaissent.

D’autres apparaissent.

Nous découvrons des choses sur nous que nous ne pouvions pas connaître auparavant.

Changer n’est donc pas nécessairement nous éloigner de nous-mêmes.

Cela peut parfois être exactement l’inverse.

Nous pouvons devenir plus proches de ce qui nous correspond aujourd’hui.

Et si nous ne savions pas encore qui nous sommes ?

Il existe une pression importante autour de la connaissance de soi.

Il faudrait savoir :

qui nous sommes,

ce que nous voulons,

quelle est notre mission,

quelle direction prendre,

ce qui nous passionne.

Mais certaines périodes de notre vie sont beaucoup plus floues.

Nous savons ce que nous ne voulons plus.

Sans savoir encore ce que nous voulons à la place.

Nous quittons une ancienne identité avant d’en avoir construit une nouvelle.

Et cet espace peut être inconfortable.

Pourtant, il n’est pas forcément vide.

Il peut être une transition.

Peut-être avons-nous parfois besoin de pouvoir dire :

« Je ne sais plus exactement qui je suis actuellement. »

sans considérer cela comme un échec.

Les étiquettes peuvent rassurer… et enfermer

Nous aimons nous définir.

Introverti.

Extraverti.

Hypersensible.

Cartésien.

Spirituel.

Créatif.

Pragmatique.

Empathe.

Indépendant.

Ces mots peuvent nous aider à mieux comprendre certaines tendances.

Ils peuvent apporter du soulagement.

Mettre un nom sur une expérience.

Mais une étiquette devient problématique lorsqu’elle commence à décider à notre place.

« Je suis introverti, donc je ne pourrais jamais faire cela. »

« Je suis hypersensible, donc cette situation sera forcément impossible pour moi. »

« Je suis spirituel, donc je dois penser de cette manière. »

Un mot peut nous éclairer.

Il ne devrait pas devenir une nouvelle frontière autour de notre identité.

Nous pouvons être contradictoires

Peut-être qu’être soi suppose également d’accepter cela.

Nous pouvons aimer la solitude et avoir besoin des autres.

Être rationnels et intuitifs.

Avoir confiance dans certains domaines et douter profondément dans d’autres.

Vouloir la stabilité tout en rêvant de changement.

Être généreux et parfois égoïstes.

Courageux un jour et effrayés le lendemain.

Nous aimerions souvent nous raconter une histoire cohérente sur nous-mêmes.

Mais un être humain est rarement parfaitement cohérent.

Nous sommes faits de tensions.

De contradictions.

D’évolutions.

Et peut-être n’avons-nous pas besoin de résoudre toutes ces contradictions pour être authentiques.

Nos valeurs disent parfois davantage que nos étiquettes

Lorsque nous ne savons plus très bien qui nous sommes, une autre question peut être intéressante :

Qu’est-ce qui compte réellement pour moi ?

La liberté ?

La famille ?

La sécurité ?

La créativité ?

La loyauté ?

La découverte ?

La paix ?

La transmission ?

L’indépendance ?

La justice ?

Nos valeurs ne donnent pas toutes les réponses.

Mais elles peuvent devenir des repères.

Parce qu’être soi ne consiste peut-être pas seulement à savoir ce que nous ressentons.

Cela peut également signifier essayer de vivre d’une manière suffisamment cohérente avec ce qui compte pour nous.

Quand nos actes ne ressemblent plus à nos valeurs

Il arrive que nous sachions très bien ce qui est important pour nous…

mais que notre vie raconte autre chose.

Nous disons valoriser la liberté mais nous n’osons jamais dire non.

Nous disons que la famille est essentielle mais nous ne lui accordons presque plus de temps.

Nous affirmons vouloir prendre soin de nous mais nous remplissons chaque espace disponible.

Nous souhaitons davantage de calme tout en nous maintenant constamment occupés.

Ces contradictions ne font pas de nous des hypocrites.

Elles peuvent simplement indiquer qu’un écart s’est installé entre ce que nous souhaitons et la manière dont nous vivons.

Et cet écart mérite parfois d’être regardé.

Le corps peut-il nous aider à reconnaître ce qui nous correspond ?

Nous analysons énormément.

Mais certaines situations produisent aussi des réactions corporelles très simples.

Nous nous détendons avec certaines personnes.

Nous nous contractons avec d’autres.

Une idée nous enthousiasme.

Une autre nous fatigue avant même d’avoir commencé.

Nous pouvons ressentir un soulagement après avoir enfin dit non.

Ou une tension lorsque nous acceptons quelque chose que nous ne voulions pas vraiment.

Ces réactions ne constituent pas des vérités absolues.

Le corps peut aussi réagir à la peur, aux habitudes ou à des expériences passées.

Mais il peut devenir une information parmi d’autres.

Et parfois, nous découvrons que notre corps avait commencé à dire non bien avant que nous osions nous l’avouer.

Être soi ne signifie pas toujours être confortable

Il existe une idée séduisante :

lorsque nous serons vraiment alignés avec nous-mêmes, tout deviendra fluide.

Je ne le crois pas.

Nous pouvons prendre une décision profondément juste pour nous et avoir peur.

Poser une limite nécessaire et culpabiliser.

Quitter une situation qui ne nous correspond plus et ressentir malgré tout du chagrin.

Commencer un projet désiré depuis des années et douter.

La peur ne signifie donc pas nécessairement :

« Ce chemin n’est pas le mien. »

Parfois, elle signifie simplement :

« Je suis en train de faire quelque chose de nouveau. »

Faire la différence entre soi et ses peurs

C’est probablement l’une des difficultés les plus importantes.

Lorsque nous disons :

« Ce n’est pas moi »

est-ce vraiment notre identité qui parle ?

Ou notre peur ?

Lorsque nous pensons :

« Je ne pourrais jamais faire cela »

est-ce une connaissance de nous-mêmes ?

Ou une limite que nous avons progressivement intégrée ?

Nous ne pouvons pas toujours le savoir immédiatement.

Mais nous pouvons expérimenter.

Faire un petit pas.

Observer.

Et parfois découvrir que notre identité était devenue beaucoup plus petite que nos possibilités réelles.

Nous ne sommes pas obligés de devenir une « meilleure version » de nous-mêmes

Le développement personnel véhicule parfois une étrange injonction.

Toujours évoluer.

Toujours progresser.

Être plus performant.

Plus heureux.

Plus conscient.

Plus équilibré.

Plus spirituel.

Plus productif.

Comme si la personne que nous sommes aujourd’hui était constamment insuffisante.

Mais peut-être que se connaître ne consiste pas toujours à vouloir se corriger.

Cela peut aussi signifier accepter certaines choses.

Reconnaître nos limites.

Nos imperfections.

Notre rythme.

Nous n’avons peut-être pas besoin de devenir sans cesse quelqu’un de mieux.

Nous pouvons parfois simplement chercher à vivre

un peu plus justement avec la personne que nous sommes déjà.

Le regard des autres restera toujours là

Même lorsque nous avons beaucoup travaillé sur nous-mêmes, nous continuerons probablement à être sensibles au regard extérieur.

Un commentaire peut nous toucher.

Une critique nous faire douter.

Un rejet nous blesser.

Être soi ne signifie pas devenir imperméable.

Cela signifie peut-être simplement que le regard des autres cesse progressivement d’être :

le seul miroir dans lequel nous cherchons notre valeur.

Nous pouvons entendre une critique.

Nous demander si elle contient quelque chose d’utile.

Puis décider ce que nous en faisons.

Nous pouvons nous tromper sur nous-mêmes

C’est aussi une forme de liberté.

Nous pouvons avoir pensé pendant vingt ans :

« Je ne suis pas quelqu’un de créatif. »

Puis découvrir le contraire.

Croire que nous adorons notre métier avant de réaliser que nous aimions surtout la sécurité qu’il nous apportait.

Penser que nous sommes solitaires alors que nous n’avions simplement pas rencontré des relations dans lesquelles nous pouvions vraiment être nous-mêmes.

Se connaître n’est donc peut-être jamais terminé.

Nous pouvons rester curieux de nous.

Et si être soi consistait davantage à enlever qu’à ajouter ?

Nous cherchons parfois notre identité en accumulant.

Des méthodes.

Des connaissances.

Des expériences.

Des titres.

Des pratiques.

Des définitions.

Mais peut-être qu’une partie du chemin consiste aussi à retirer.

Les attentes qui ne nous correspondent plus.

Les obligations que nous nous sommes imposées.

Les rôles devenus inutiles.

Les croyances sur ce que nous devrions être.

Les comparaisons permanentes.

Non pour découvrir un « moi pur » qui aurait toujours existé.

Mais pour créer suffisamment d’espace pour entendre ce qui demeure lorsque nous cessons un instant de vouloir correspondre.

Quelques questions simples

Peut-être pouvons-nous parfois nous demander :

Qu’est-ce que je fais uniquement pour être accepté ?

Dans quelles situations est-ce que je me sens obligé de jouer un rôle ?

Avec quelles personnes est-ce que je peux être silencieux sans malaise ?

Qu’est-ce que j’aime réellement lorsque personne ne me regarde ?

Quelles parties de moi ai-je appris à cacher ?

Quelles définitions de moi-même ne me correspondent peut-être plus ?

Et surtout :

Qu’est-ce qui changerait dans ma vie si je me donnais un peu plus souvent la permission d’être différent de ce que l’on attend de moi ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir immédiatement les réponses.

Certaines questions ont simplement besoin de nous accompagner pendant un temps.

Être soi parmi les autres

Nous ne construisons pas notre identité seuls.

Les relations participent à ce que nous devenons.

Certaines personnes révèlent des parties de nous que nous ne connaissions pas.

D’autres nous permettent de nous sentir suffisamment en sécurité pour déposer un rôle.

Une relation saine ne devrait peut-être pas nous demander :

« Qui dois-tu devenir pour que je puisse t’aimer ? »

mais nous permettre progressivement de nous demander :

« Qui puis-je être ici sans avoir peur de perdre le lien ? »

Se choisir ne signifie pas choisir contre les autres

Il existe parfois une culpabilité lorsque nous commençons à davantage nous écouter.

Comme si prendre notre place signifiait forcément enlever celle de quelqu’un d’autre.

Mais dire non n’est pas toujours rejeter.

Changer de direction n’est pas forcément trahir.

Exprimer une préférence n’est pas imposer.

Nous pouvons respecter les autres sans disparaître.

Nous pouvons aimer sans nous abandonner.

Peut-être que cette distinction fait partie du chemin vers soi.

Être soi est peut-être un mouvement

Je ne suis pas certain qu’il existe un moment où nous pourrons dire :

« Ça y est, maintenant je sais définitivement qui je suis. »

Et peut-être est-ce une bonne chose.

Nous continuons à apprendre.

À rencontrer.

À aimer.

À perdre.

À essayer.

À nous tromper.

À changer.

Être soi ne serait alors pas une destination.

Ce serait une manière de marcher.

En essayant régulièrement de réduire l’écart entre :

ce que nous ressentons,

ce que nous pensons,

ce que nous disons,

et la manière dont nous choisissons de vivre.

Revenir à ce qui nous ressemble

Nous n’avons peut-être pas besoin de découvrir une version parfaite ou définitive de nous-mêmes.

Peut-être pouvons-nous simplement apprendre à reconnaître plus rapidement lorsque nous nous éloignons trop de ce qui nous ressemble.

Lorsque nous disons oui alors que tout en nous dit non.

Lorsque nous vivons pour être validés.

Lorsque nous nous définissons uniquement à travers les attentes des autres.

Puis revenir.

Pas vers une identité figée.

Mais vers un endroit intérieur où nos choix semblent davantage nous appartenir.

Peut-être qu’être soi ne consiste finalement pas à savoir exactement qui nous sommes.

Cela consiste peut-être à :

nous donner suffisamment de liberté pour continuer à le découvrir,

sans laisser les autres écrire entièrement la réponse à notre place.

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